EPFL — Branding , campagne par twks: Faire une place à la santé mentale
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Comment parler de santé mentale sans donner l’impression qu’il y a déjà un problème ? À l’EPFL, le sujet devait sortir des brochures et des pages institutionnelles pour devenir une présence visible, accessible et rassurante sur tout le campus. Une identité capable d’aborder les jours avec et les jours sans, sans dramatiser les uns ni minimiser les autres.
Rendre la santé mentale plus facile à approcher
À l’EPFL, la santé mentale fait partie d’un dispositif qui vit toute l’année, avec différents programmes et un temps fort : les Health Days. Mais avoir les bonnes ressources ne suffit pas toujours. Encore faut-il donner envie de s’en approcher.
Plutôt que d’adopter les codes médicaux ou institutionnels habituellement associés au sujet, l’identité prend le chemin inverse : des formes généreuses, des couleurs franches, de l’humour et surtout des personnages. Une manière de créer un premier contact avant même d’avoir commencé la conversation.
Des personnages qui ont le droit de ne pas aller bien
Ils sourient, doutent, s’isolent, se retrouvent. Parce que parler de bien-être sans montrer les moments où il vacille aurait peu de sens. La mascotte devient donc une petite galerie d’émotions. Les expressions changent, les postures aussi, jusqu’à faire du personnage un miroir dans lequel chacun peut reconnaître quelque chose de son propre état. Il ne vient pas expliquer comment se sentir. Il montre simplement qu’il existe plusieurs façons de se sentir, et qu’elles ont toutes leur place.
Un langage qui dédramatise sans banaliser
Sur un sujet aussi sensible, trouver le bon ton était probablement la partie la plus délicate. Trop sérieux, le message devient médical. Trop léger, il perd sa crédibilité. L’identité cherche cet équilibre jusque dans sa typographie. Les lettres prennent de la place, ondulent, s’étirent et semblent parfois suivre les mouvements des personnages. Les messages deviennent presque physiques. Be kind to your body & mind n’est plus seulement une phrase à lire : c’est une invitation qui vient occuper l’espace et attirer l’attention. Le système peut ainsi être chaleureux et spontané sans jamais tourner le sujet en dérision.
Des couleurs pour sortir le sujet de la grisaille
Pas de bleu médical ni de palette volontairement effacée. Le jaune, le rose, le vert menthe et le violet installent un univers beaucoup plus vivant, où la santé mentale peut aussi parler d’énergie, de lien et de mouvement.
Les couleurs permettent surtout à l’identité d’exister dans un environnement déjà saturé d’informations. Sur une affiche, un écran ou au milieu d’un événement, elle doit pouvoir interrompre le regard quelques secondes. Pas pour alerter, mais pour inviter. La couleur devient ainsi le premier geste d’une identité qui cherche moins à signaler un problème qu’à ouvrir une conversation.
Une identité qui vit avec le campus
Une campagne sur la santé mentale ne pouvait pas apparaître quelques jours puis disparaître. Le système a donc été pensé pour circuler. Les personnages passent des affiches aux écrans, des événements aux vêtements et aux objets du quotidien. Ils apparaissent seuls, en groupe, en grand ou presque comme un détail. Lors des Health Days, ils prennent même physiquement place aux côtés des étudiants. Cette répétition transforme progressivement une campagne en présence familière : quelque chose que l’on croise sans nécessairement le chercher, mais que l’on sait reconnaître lorsqu’on en a besoin.
Plusieurs états, un même espace
L’identité fonctionne finalement comme le message qu’elle porte. Elle ne cherche pas à représenter une version idéale du bien-être, mais à faire cohabiter des états différents.
Les personnages se superposent, s’entourent, se soutiennent et forment parfois un seul ensemble. Une manière simple de rappeler qu’au milieu d’un campus où chacun avance avec ses propres exigences, ses propres rythmes et ses propres difficultés, personne n’a besoin d’aller exactement comme son voisin pour avoir sa place.
Prendre soin de la santé mentale commence peut-être simplement par lui faire une place.
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