Académie de Sertissage — Branding , digital par twks: L’espace entre les gestes
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Le sertissage est l’un des gestes les plus discrets de la joaillerie. Celui qui fixe la pierre à sa monture. Un travail de précision, silencieux, presque invisible une fois accompli. À Genève, l’Académie de Sertissage forme les artisans qui perpétuent ce savoir-faire. Le mandat était de créer son identité de marque. Mais en observant le métier, le sujet s’est déplacé. Ce qui la définissait se trouvait ailleurs : dans la lenteur du geste, la maîtrise de la matière, les intervalles, la répétition. Une chorégraphie silencieuse où chaque mouvement compte.
Le défi n’était donc pas d’illustrer un artisanat, mais d’en traduire le rythme. Faire du geste le plus invisible de la joaillerie la signature la plus visible de l’Académie.
Le ma, un principe emprunté au silence
Entre deux gestes du sertisseur existe un espace invisible. Au Japon, il porte un nom : le ma. Difficilement traduisible, le ma désigne l’intervalle qui donne du sens à ce qui l’entoure : le silence entre deux sons, l’espace entre deux formes, le temps suspendu entre deux gestes. Dans la cérémonie du thé comme dans la poterie, la précision devient rituel et la répétition, un art d’une élégance silencieuse.
Le sertissage repose sur cette même philosophie. Un équilibre infime entre temps, matière et intention, où chaque geste compte autant que l’espace qui le précède.
Le ma est ainsi devenu le principe fondateur de l’identité de l’Académie de Sertissage. Des compositions aérées, une lumière maîtrisée, des détails réduits à l’essentiel : plutôt que de remplir l’espace, l’identité lui donne un rôle.
Le logotype en est l’expression la plus directe. Entre « Académie » et « de Sertissage », un intervalle volontaire crée une respiration. Ce vide n’est pas une absence : il matérialise le passage entre l’apprentissage et la maîtrise du geste.
Un poinçon avant un logo
Dans la joaillerie, la signature n’a pas toujours pris la forme d’un logo. Elle prenait celle d’un poinçon. L’identité renoue avec ce geste. Les initiales A. de S. se rejoignent dans une forme ovale, à la croisée du poinçon d’orfèvre et de l’emblème académique. Historiquement destiné à identifier et authentifier le travail d’un artisan, le poinçon devient ici la signature de l’Académie. Utilisé en plein ou en creux, imprimé ou timbré à sec sur papier ivoire, le monogramme se comporte moins comme un signe graphique que comme une véritable empreinte d’atelier. Une marque de fabrique, au sens littéral.
Une typographie qui prend son temps
Choisir la typographie revenait à choisir une pierre : trouver le juste équilibre entre caractère, précision et retenue.
Timezone porte l’expression principale de l’identité. Ses constructions géométriques et son rythme maîtrisé font écho à la rigueur du sertissage. Technique sans être froide, raffinée sans être ornementale, elle traduit graphiquement la patience du geste. Elle est accompagnée de l’Inter, choisie comme typographie fonctionnelle pour rendre l’identité accessible, librement utilisable et cohérente sur tous les supports. L’une porte le savoir-faire. L’autre assure sa transmission.
Une palette extraite des archives
Les couleurs de l’Académie ne viennent pas d’un moodboard. Elles viennent des traces laissées par le métier. Gold Scholar, un jaune d’or franc, est inspiré d’une chevalière ancienne. Ivory Archiv, un ivoire doux, reprend la teinte des pages vieillies d’un registre manuscrit.
Academic Cover, une terre cuite profonde, trouve son origine dans la reliure d’un ouvrage d’époque.
Réunies, ces couleurs évoquent les anciens registres d’orfèvres genevois dans lesquels étaient consignés les poinçons des maîtres joailliers. La palette ne cherche donc pas simplement à évoquer le luxe. Elle construit une mémoire matérielle du métier.
Des motifs dessinés par le métier lui-même
Même les textures parlent le langage du sertisseur. Trois motifs structurent le système graphique : serti baguette, serti pavé et serti grain. Trois techniques réelles de sertissage, abstraites puis traduites en compositions et en reliefs subtils.
Imprimés, embossés ou simplement suggérés, ils ne sont jamais utilisés comme décoration. Ils ponctuent les supports comme le ma ponctue le geste : avec mesure.
Ainsi, chaque composant de l’identité trouve son origine dans le métier qu’elle représente. Le vide vient du geste. Le signe devient poinçon. La couleur vient des archives. Le motif vient de la technique. Une identité qui ne cherche pas à représenter le sertissage de l’extérieur, mais à être construite selon ses propres règles : précision, patience et maîtrise du détail.
- Creative director
- Alexandre Pugin
- Managing director
- Raphaël Pasquali
- Account director
- Marie Combas
- Account manager
- Yasmine Ahamed
- Art director
- Anaël Bouglé
- Digital Art director
- Vincent Rousset
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- Lafko Heufemann
- Designer
- Bruno Cucca
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